Saint Petersburg

«Mais ce qu’avant tout j’aime, ô cité d’espérance,
C’est de tes blanches nuits la douce transparence»

Ainsi chantait Pouchkine, dans son Cavalier de Bronze, la beauté irréelle de Saint-Pétersbourg lors des fameuses Nuits Blanches.

Les Nuits Blanches, aussi appelé tolga ou soleil de minuit, est une période où le soleil ne se couche pas aux latitudes supérieures au cercle polaire. Aux latitudes légèrement inférieures, cependant, le soleil ne descend pas beaucoup en dessous de l’horizon et cela ne permet pas à la nuit de devenir totalement noire. Il fait quelquefois si clair qu’on peut lire un livre sans éclairage artificiel. Ce qui rend les Nuits Blanches uniques à Saint-Pétersbourg, c’est la conjonction de la beauté intrinsèque de la cité et de cet éclairage quasi-surnaturel qui magnifie l’élégance classique des bâtiments et des palais, des canaux et des ponts, des statues et des églises.

Le Festival des Nuits Blanches, qui coïncide également avec la fin de l’année scolaire et attire un public jeune et local, en plus des hordes touristiques. De nombreuses fêtes et manifestations populaires ont lieux dans les différents quartiers de la ville, d’innombrables spectacles musicaux et théâtraux sont proposés et il est particulièrement étrange d’assister aux feux d’artifices sur la Néva, tirés semble-t-il en plein jour !!! Tous les plus beaux monuments de la ville et des environs sont mis à contribution puisqu’on trouve aussi bien des concerts de rock à la forteresse Pierre et Paul qu’un carnaval autour du palais tsariste de Tsarskoïe Selo ou qu’un festival de jazz au bord de la Baltique.

La Baltika, bière locale, coule à flot, les terrasses des cafés et restaurant ne désemplissent pas et il semble que le flot des promeneurs soit continuel sur la perspective Nevsky chère à Gogol et Dostoïevski…

Pourtant, dès qu’on s’éloigne des grandes artères, on peut jouir d’une solitude rare en parcourant des avenues désertes dont l’architecture classique exaltée par cette lumière irréelle,-(L'atmosphère à partir de la mi-journée se transforme en un éternel crépuscule et une aube interminable)- crée un décor onirique ne manquant pas d’évoquer un tableau de Giorgio De Chirico. On ressent pleinement  la nonchalance de l'âme russe qu'évoquent les écrivains, c'est une ville si agréable pour se promener, explorer, découvrir presque à chaque coin de rue. Les parcs et les jardins sont magnifiques peuplés d'étudiants et de femmes fleurissants de jeunesse.

Saint-Pétersbourg est pleine de surprises pour ceux se donnant la peine de sortir des sentiers battus, comme si elle gardait ses plus jolis secrets pour ceux qui veulent bien laisser tomber leurs à-aprioris et se laisser vivre au rythme de la ville. Explorez, explorez, vous ne risquez pas grand-chose dans le centre-ville . Au pire, on vous dira "niet", et vous ferez demi-tour

Quittez les grandes avenues, et passez sous l'un des nombreux porches creusés dans les immeubles,  vous trouverez de jolies cours décorées par d'impressionnants street arts, des petites boutiques de vêtements, de disques, ou tout simplement une autre petite rue qui vous mènera vers une autre cour à voir.  Ne soyez pas surpris de trouver des commerces qui n'ont pas pignon sur rue,  il vous faudra prêter attention à de petits panneaux pour les trouver, ou être bien renseignés.....

Saint-Pétersbourg une ville archipel, Il n' y a pas que le musée de l'Ermitage ou l'église du Sauveur-Sur-le-Sang-Versé. Cette ville est irréductible à tout guide de voyage, avec ces hauts lieux touristiques obligatoires. On a une impression d'immensité, à laquelle la Neva et la fameuse de Perspective Nevski concourent beaucoup. C'est un centre ville qui s'étend partout inervée d'avenues et de canaux, car Saint pétersboug, que certains nomment la Venise du Nord, est construite sur 7 îles.

Comme à Moscou le métro impressionne et certaines stations n'ont rien à envier aux palais, mais le grand plaisir reste la promenade, même si remonter en tramway la Perspective Nevski est une expérience vertigineuse. L'avenue se déploie majestueuse et impériale,  impressionne vraiment , malgré les bars branchés et les boutiques des fashion victimes. On voyage à travers le temps et l'espace ; en comparaison, Paris se métamorphose en maison de poupée, voir en village de nains de jardin !

Saint Pétersbourg est indescriptible. Un roman de plusieurs centaines de pages y suffirait à peine... C'est bien une troisième Rome qui n'a rien à envier à la capitale romaine fondatrice et à la seconde Rome, la ville des empereurs byzantins, Constantinople. Quelques monuments revendiquent clairement cette ambition, pas forcément les plus gracieux comme la Cathédrale Saint-Isaac.

Je suis loin d'avoir tout vu, mais Saint pétersbourg est davantage une ville qui se savoure...Je reviendrai, encore ! le temps d'une saison russe.

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