Vous avez dit PALU ?

 

J-M Lebret  - manager AMSCO / PNUD expert détaché aupres des Nations Unies

A l’occasion de la Journée africaine de lutte contre le Paludisme à l’instigation des pays africains, Plan pousse une fois de plus un cri d’alarme contre cette maladie. Si ce fléau qui touche 36% de la population dans le Tiers Monde, c’est l’Afrique qui paie le plus lourd tribu avec 90% des décès. Cette journée consacrée à une maladie quasiment inexistante dans les pays occidentaux, se déroulera, sans doute, dans l’indifférence du reste de la communauté internationale. Il faut dire que, contrairement au SIDA par exemple, le paludisme touche peu les occidentaux hormis quelques voyageurs imprudents. Bien que cette maladie soit évitable et guérissable si elle est soignée rapidement et de manière appropriée, elle gagne du terrain. On assiste à une augmentation dramatique du nombre de cas de paludisme et de décès dus à la maladie ces dernières décennies : le nombre de cas est aujourd'hui 4 fois plus élevé que dans les années 70 et la mortalité a été multipliée par 3 dans les hôpitaux africains sur la même période. Face à cette recrudescence des cas et aux difficultés rencontrées dans la lutte contre le paludisme, Plan lance une campagne de sensibilisation, « Un Serial Killer tue un enfant toutes les 30 secondes. Le Paludisme, aidez-nous à le neutraliser ! ». Avec ce slogan, Plan affirme sa volonté d’informer l’opinion publique sur cette maladie. Un cri d’alarme contre un serial killer qui décime les populations sans grand risque d’être arrêté ! Plan souhaite aussi voir la communauté internationale se mobiliser davantage dans la lutte contre le paludisme en soutenant, par exemple, le développement de nouveaux vaccins et en faisant du 25 avril la journée mondiale de lutte contre le paludisme. Pour un grand nombre de personnes, le paludisme est une maladie des régions tropicales lointaines dont l’ampleur échappe à la conscience collective. Cette maladie grave, due à un parasite unicellulaire et transmise par les piqûres de moustiques, est de loin la plus importante des maladies parasitaires tropicales dans le monde et la plus mortelle des maladies transmissibles après la tuberculose. Le parasite est non seulement devenu un mutant qui résiste aux traitements actuels, mais, en plus, il commence à réapparaître dans des régions d’où il avait été éradiqué. L’urgence de la situation nécessite une véritable collaboration au niveau des stratégies de lutte contre le paludisme et des recherches en cours, notamment sur les vaccins potentiels. Premières victimes : les enfants L’OMS estime entre 250 et 400 millions le nombre de cas cliniques par an. Ce sont les enfants en bas âge qui paient le plus lourd tribut car leur système immunitaire est plus faible et ils présentent une susceptibilité élevée aux formes les plus graves de la maladie. Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes et constitue la quatrième cause de mortalité d’origine infectieuse chez l’enfant de moins de 15 ans dans le monde, devant le SIDA. Les enfants de moins de 5 ans sont les premières victimes du paludisme car bien souvent, ils ne bénéficient pas des moyens de prévention les plus simples : moustiquaires, médicaments et moyens de diagnostic. L’infection parasitaire est aussi particulièrement dangereuse chez la femme enceinte. Il peut provoquer une anémie grave, une insuffisance pondérale à la naissance et est l’un des facteurs principaux de la mortalité maternelle dans les régions d’endémie. Les politiques d’éradication du moustique porteur ont montré leurs limites et les médicaments existants perdent de leur efficacité. D’ailleurs, aujourd’hui l’OMS ne parle plus « d’éliminer » la maladie mais de la faire « reculer ». Pourtant le paludisme est une maladie évitable et guérissable (même si l’infection demeure présente) si elle est soignée rapidement et de manière appropriée. Lutter contre le paludisme est un véritable défi dans lequel Plan s’est engagé au quotidien depuis plusieurs années. La mobilisation passe, entre autre, par la fourniture de moustiquaires, l’information et la formation des populations locales. En attendant la mise au point d’un vaccin qui, à lui seul, ne suffira pas à vaincre la maladie, la lutte contre le paludisme doit mobiliser toutes les armes disponibles : la lutte antimoustique en fait partie. Un des éléments essentiels du programme de prévention mis en place par Plan consiste à distribuer des moustiquaires qui protègent les enfants, et, dans le cas de moustiquaires imprégnées, tuent les moustiques. 800 000 enfants bénéficient déjà de 400 000 moustiquaires. Plan s’applique, aussi, à informer et sensibiliser les populations locales en leur expliquant les origines de cette maladie et en les encourageant à utiliser des moustiquaires toute l’année. La population doit comprendre que le paludisme est transmis par les moustiques, et seulement par les moustiques. En effet, seulement 50% des Maliens, par exemple, en ont connaissance. Plan a mis en place des « séances théâtrales interactives » avec des acteurs issus des communautés. L’assainissement du cadre de vie est primordial dans la mesure où l’environnement constitue un des principaux facteurs de propagation de la maladie. Pour cela, Plan mène un travail de sensibilisation aux questions d’hygiène et de propreté liées, notamment, au traitement des plans d’eau. Au Mali, le paludisme est la 1ère cause de consultation (21,8%). Près de 500.000 cas de paludisme par an ont été recensés dans ce pays. Un diagnostic précoce est donc important, il permet une prise en charge rapide et efficace des malades, cruciale pour la survie des sujets à risque. 1/3 des enfants hospitalisés pour un cas grave de paludisme en meurt encore. Au Mali, Plan équipe les centres de santé et les renforce en formant du personnel.

Vous avez dit Palu ?

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×