Une nuit

Je marche au gré du vent que tu souffles sans cesse
Le long de l’insomnie qui me cloue à l’éveil
Et, sans un bruit, ma peau à ta nuit se confesse
Car la mienne ne sait porter aucun conseil…
Je ne parviens plus guère à écrire les lettres
Pour creuser l’horizon de mes mondes abstraits,
Je m’efface vers toi pour écorcher les êtres
Qui vivent en dehors de nos cœurs en retrait…
Je n’ai que mon automne à offrir à ta vie
Jusqu’à ce que l’hiver brille mieux que soleil
Dans l’étrange aphonie où se terre l’envie
D’arpenter l’inconnu au-delà du sommeil !
Mais la pâle parole où ma voix jette l’ancre
Sur le port enneigé du givre de tes mots
N’a aucune substance… et je dis à mon encre
D’écrire mon amour sous l’empreinte des maux !
Lors, l’ébauche de larme accrochée sur mon âme
Ne se ternit jamais et ne tombe pas plus,
Gelée des infinis qui dévorent la flamme
Brûlant le souvenir des chemins superflus…
Tout en haut du clocher où ma vie s’arraisonne,
Bien au-delà des glas, se trouvent tes hivers
Vêtus d’éternité lorsque l’écho résonne
Dans le fond de mon cœur en notes d’univers…
Il nous suffit parfois, pour briser l’harmonie
D’un mot trop hasardeux, malheureux évadé
De nos lèvres gercées aux saisons infinies,
Mais l’aurore revient sans jamais s’oxyder !
Et je rêve à cette aile aux reflets d’invisible
Qui pend à mon regard des sanglots sans saveur,
J’espère quelquefois, d’un souhait impossible,
Joindre ton horizon où l’éphémère meurt !

L'éphémère

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×