Ma plume

Qui suis-je  ?? -
Nous voilà donc encore une fois en présence,
Lui le tyran divin, moi le vieux révolté.
Or je suis la Justice, il n'est que la Puissance ;
A qui va, de nous deux, rester l'Humanité ?
Ah ! tu comptais sans moi, Divinité funeste,
Lorsque tu façonnais le premier couple humain,
Et que dans ton Éden, sous ton regard céleste,
Tu l'enfermas jadis au sortir de ta main.
Je n'eus qu'à le voir là, languissant et stupide,
Comme un simple animal errer et végéter,
Pour concevoir soudain dans mon âme intrépide
L'audacieux dessein de te le disputer.
Quoi ! je l'aurais laissée, au sein de la nature,
Sans espoir à jamais s'engourdir en ce lieu ?
Je l'aimais trop déjà, la faible créature,
Et je ne pouvais pas l'abandonner à Dieu.
Contre ta volonté, c'est moi qui l'ai fait naître,
Le désir de savoir en cet être ébauché ;
Puisque pour s'achever, pour penser, pour connaître,
Il fallait qu'il péchât, eh bien ! il a péché.
Il le prit de ma main, ce fruit de délivrance,
Qu'il n'eût osé tout seul ni cueillir ni goûter :
Sortir du fond obscur d'une éroite ignorance,
Ce n'était point déchoir, non, non ! c'était monter.
Le premier pas est fait, l'ascension commence ;
Ton Paradis, tu peux le fermer à ton gré ;
Quand tu l'eusses rouvert en un jour de clémence,
Le noble fugitif n'y fût jamais rentré.
Ah ! plutôt le désert, plutôt la roche humide,
Que ce jardin de fleurs et d'azur couronné !
C'en est fait pour toujours du pauvre Adam timide ;
Voici qu'un nouvel être a surgi : l'Homme est né !
L'Homme, mon œuvre, à moi, car j'y mis tout moi-même :
Il ne saurait tromper mes vœux ni mon dessein.
Défiant ton courroux, par un effort suprême
J'éveillai la raison qui dormait en son sein.
Cet éclair faible encor, cette lueur première
Que deviendra le jour, c'est de moi qu'il ta tient.
Nous avons tous les deux créé notre lumière,
Oui, mais mon Fiat lux l'emporte sur le tien !
Il a du premier coup levé bien d'autres voiles
Que ceux du vieux chaos où se jouait ta main.
Toi, tu n'as que ton ciel pour semer tes étoiles ;
Pour lancer mon soleil, moi, j'ai l'esprit humain ! ...................................!


Les liannes du temps -

J'ai oublié ce qu'il faut faire
 Pour t'avoir dans mon lit ce soir.
 Les chantages du vieux Ronsard
 Ne sauraient me satisfaire.
 "Mignonne, allons voir si la rose"
 N'est plus de mise au petit jour
 Quand on va mal faire l'amour
  Sur un petit matin morose.
 Attends un peu, attends un soir.
 On n'a fait  que danser au bal.
  Attends un peu, au moins ce soir.
  On ne s'est pas fait de mal.
 A défricher la terre inculte,
 On n'y sème pas le bonheur.
 On tuerait un enfant d'une heure
 A le traiter comme un adulte.
 Il faut encore que l'amour couve
 Jusqu'à ne plus tenir en nous
 Et que j'ai une faim de loup
 Pour assouvir ta faim de louve.
 Je veux voir, même si tout se brise,
 Les lianes du temps se tisser.
 Depuis mes quatorze ans passés,
  Je n'ai jamais eu de promise.
 Attends un peu, attends un soir.
 On n'a fait que danser au bal.
 Attends un peu, et demain soir.
  On ne pourra plus se faire mal.

Désert -
Dans un désert où le vent pleure
D’une sécheresse d’une chaleur
Laissant les traces dans les cœurs,
Sensibles à la douleur, à la sueur !
 Dans un désert où l’eau est rare
Une goutte d’eau vaut les milliards
Les cœurs durs sont bizarres,
Pour apprécier, ça sera trop tard !
 Dans un désert où la vie est dure
Il faut souffrir pour construire un mur
Les cœurs des gens ne sentent plus,
Ni le vent ni la pluie !
 Dans un désert où la vie est morte
On entend que le bruit de la sécheresse
Il faut du courage et une mentalité forte
Pour apprécier les tristes caresses !
 Dans un désert où on sent l’espoir
Qu’on peut vivre même dans le noir
Grace à  un rayon lumineux
S’infiltrant entre les nuages des cieux !

Voir ce désert comme une plage blanche !
De sable blanc, de vent, et de soleil,
Sans herbes ni branches,
Courir ou marcher c’est pareil !
Sur ce tapis blanc,
On vit la notion du temps,
On voit le même horizon,
De prés ou de loin,
C’est le même temps !
Surtout dans tous les coins,
Le désert triste et monotone,
Entend le bruit du vent autonome,
Et les échos des pas géants des chameaux !
Sur ce tapis blanc et beau !
Laissant des traces depuis l’histoire,
Conservées par ce silence immense et noir !
On a l’impression qu’on ne s’avance pas !
Malgré la torture de nos pas !
On a l’impression que le ciel tombe sur la terre !
Et que la jonction est toujours là !
Malgré l’infini du désert,
Malgré l’éloignement de la mer,
Vivre dans le désert est une merveille !
Tu t’approches du mystèrede le terre et du ciel !

Regard

Dans tes yeux il y a
En filigrane à l’infini
Les traces de tant d’autres vies
Dans tes yeux il y a
L’or en éclaboussures
En murmures en brisures
Dans tes yeux il y a
En musique le Mystère
En matière la Lumière
La transparence du cristal
Et reflets d’une étoile
Tes yeux sont mes soleils
Mes signes particuliers
Dans tes yeux il y a
Image renversée
Lorsque tu me regarde
Moi, étoile dorée
Et tournent les soleils
Et tourne la lumière
Les yeux des chats ont l’air
D’avoir une mémoire
Sortie de l’ordinaire
Mémoire de galaxies anciennes
Dans tes yeux il y a
Un mélange de tout ça
Et cet air que tu as
D’être juste pour moi…
Dans tes yeux il y a
Les couleurs les courants
Et le cristal vivant
j y vois des pepites d or
je veux etre  orpailleur.

Ailleurs -
J'ai envie de partir
Laisser le peu que je tiens
A peine du bout des mains
J'ai envie de partir
Le plus loin possible
Prendre une autoroute quelconque
Bordée d'herbe
Et partir
Sans regarder en arrière
Sans voir rien
Défilant la tête vide
Aussi vide qu'à mon habitude
J'ai envie de partir
Rapide comme un enfant du vent
Vers le sud antique
Vers le sud des lueurs de fin du monde
M'asseoir sur une dune
Et rester là longtemps
Une bière à boire encore
Sous le coup du vertige
J'ai envie de partir
Laisser aller mes pieds
Ravager le coeur du sentier
Gouter à l'altitude
Des vagues et de l'alcool
Seul, bien seul
J'ai envie de partir
De vivre, d'être amoureux
A la fin
J'ai envie de partir en fumée.

 mots....

J'ai bien reçu tous vos messages
Je vous ai lu page après page
Je sais vos hivers et vos matins
Et tous ces mots qui vous vont si bien
En quelques phrases, en quelques lettres
Il me semble si bien vous connaître
On écrit bien mieux qu'on ne dit
On ose tout ce que la voix bannit
Mais vous désirez me rencontrer
Et moi, j'ai si peur de tout gâcher
Nos confessions, nos complicités
Comment garder tout ça sans rien casser
Nous ne nous parlerons pas
Nous oublierons nos voix
Nous nous dirons en silence
L'essentiel et l'importance
Utilisons nos regards
Pour comprendre et savoir
Et le goût de notre peau
Plus loquace que des mots
Nos bras ne tricheront pas
Nos mains ne mentirons pas
Mais surtout, ne parlons pas
Je connais un endroit charmant
Très à la mode et très bruyant
De ces endroits où les solitudes
Se multiplient dans la multitude
On n'a qu'une envie, c'est d'en sortir
Vous n'aurez besoin que d'un sourire
Je comprendrai qu'il est déjà tard
Nous irons boire un verre autre part

 

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